Soirée DCF du Mardi 25 Janvier 2011

Compte rendu DCF 64

Dans le cadre des relations inter-réseaux, Mme Marie-Noëlle CHARLES, Présidente des DCF avait, notamment convié les adhérents du Club Affaires 64, et d’autres associations connues,et déclina le thème de la soirée aux personnes présentes.

Intervenants :

  • Mr Benoît GRESS, Directeur de la Banque de France
  • Mr Christian Moreau, Vice Président
  • Représentant Mr le Président du Tribunal de Commerce
  • Mr Francis CAZABAN, Commissaire aux Comptes
  • M° François LEGRAND, Mandataire Judiciaire
  • Mme Nadine CAILLET, Responsable CCI des Créations d’Entreprises

Table Ronde organisée par l’Association des DCF (Dirigeants Commerciaux de France) Pau-Béarn – www.dcf64.com www.dcf64.com

Mr GRESS, Directeur de la Banque de France

Ne pas se le cacher "c’est dur, dur, et difficile !"

Le constat fait par Eurosystème de la BdF fait ressortir après la chute de l’activité sur 2008, la stagnation de 2009, une tendance à la reprise faisant apparaître une problématique << plateau >> (rythme plat et linéaire) qui fait dire que la demande privée doit désormais relayer la demande publique.

Le rythme de croissance existe bien (France -2,2 en 2002, 1,5 en 2010) ; en observant que 2% de croissance ne suffira peut être pas ! Mais il faut bien relever le caractère positif de croissance qui existe !

Il évoque le processus d’anticipation inflationniste solidement ancré et la réelle volonté de maintenir cette inflation autour de 2%.

Il faut retenir aussi la baisse "historique" de M3 dans la zone Euro ! Le taux d’extension de la masse monétaire s’est situé aux alentours de 0 % ! Avec un M3 en net rebond la conséquence participe indéniablement du soutien à la reprise. Faut ajouter à cela la Contribution Française à M3 qui a des effets favorables au crédit et à l’activité. Il parle d’un retour aux 12 % d’avant.

Enfin Mr Gress souligne que les crédits au secteur non financier est toujours supérieur à 0 % , aux environs 5 % !

La conjoncture nationale : Industrie et Services : Le climat des Affaires vit actuellement une période de rebond.

Le taux d’utilisation des capacités de production augmente à nouveau ce qui est le signe que le réinvestissement va reprendre.

Le solde d’opinion des Entreprises est positif.

Enfin, Mr Gress évoque la phase française du G20 insistant sur le fait que la coopération devrait se produire normalement.

Mme Nadine CAILLET- CCI et Mr MOREAU - Tribunal de Commerce

Analyse des statistiques du Registre du Commerce (Services, Commerces, Industrie) :

En 2008 on a relevé 1 200 à 1 300 Entreprises crées en Béarn

En 2009 on << chute >> !

En 2010 on enregistre des radiations, dont des radiations administratives qui, aux dires de Mr Moreau, n’ont pas à être imputées à la crise.

En parallèle, le nombre d’auto entrepreneurs en 2009 est de 600, idem en 2010 !

Pour information : sur 300.000 créations d’Entreprises en France, la moitié est le fait d’auto entrepreneurs !

Précision est aussi donnée que ce sont les domaines des Services et des Commerces qui sont les plus créateurs.

Entre 2008 et 2009, au Tribunal de Commerce de Pau on est passé de 1 504 à 1 620 créations et de 861 à 1 528 radiations !

Côté PÔLE EMPLOI on ne note pas une aggravation majeure et les Offres d’emploi connaissent une certaine reprise.

Enfin, important à savoir, le Taux de chômage <<  ici >> est inférieur au taux de chômage  régional, et inférieur au taux de chômage national.

Mr Francis CAZABAN- Commissaire aux Comptes

De fin 2008 à 2009, vers 2010  il fait les constats suivants :

Impact sur l’Economie réelle

  • baisse d’activité
  • détérioration des résultats
  • difficultés de trésorerie
  • pérennité des entreprises menacées
  • crédit inter-entreprises  affecté
  • resserrement du crédit bancaire aux Entreprises amorti par le dispositif OSEO

Crudescence des Risques

  • prise de commandes à marges faibles
  • défaillance clients (risque d’effet domino)
  • recherche de trésorerie par n’importe quel moyen (garanties, coûts,…)
  • anticipation de facturation
  • tentative d’amélioration du bilan, etc.…

Nécessité d’anticiper les difficultés

  • Vigilance accrue de la prévention du Commissaire aux Comptes (mandat de 6 ans) (CA supérieur à 3,5 M d’€)
  • Connaissance de l’entreprise
  • Jugement indépendant
  • Caractère légal et normal de sa mission
  • Un devoir d’ALERTE pouvant éviter une dégradation irréversible.
  • Déclenchement de la procédure d’alerte
  • Importance de la phase << 0 >> :
    • entretien avec le dirigeant / prise de conscience faits et conséquences
    • rôle pédagogique du CAC
    • --qui ne doit pas céder aux dirigeants.
  • Phase << 1 >> : demande des informations sur la continuité
  • Phase << 2 >> : le Président du TC est informé des difficultés ce qui se traduit obligatoirement par une convocation qui n’a pas de caractère sanction, ce qui est le mérite de la Loi de 2005.
  • L’anticipation est primordiale. Le Président du TC peut convoquer un Chef d’Entreprise.
  • Sécuriser les Finances de l’Entreprise
  • privilégier le dialogue avec les banques
  • budget de trésorerie mensuel
  • impact des mesures de gestion prises pour favoriser l’exploitation : Augmentation du BFR à financer, Un risque accru de non recouvrement des créances clients
  • difficultés de la baisse des délais de paiement imposée par la LME.

Leviers d’amélioration de la trésorerie

  • Actions << Cash Marathon >> (relance active du porté client)
  • Pratique affacturage (cession créances clients)
  • Utilisation du << Lease-Back >> (cession-location)
  • Diminution du stock par soldes ou promotions
  • Rééchelonnement des dettes fiscales et sociales
  • Déblocage des relations bancaires avec médiateur du crédit
  • Négocier une offre combinée avec plusieurs banques, partage du risque
  • Réfléchir avant d’investir - pas d’autofinancement
  • Financer le stock (certaines activités)
  • Rééchelonner dette bancaire
  • Entrée  investisseurs financiers
  • Envisager intervention d’un mandataire << ad hoc >>, si difficultés (Procédure prétorienne)

Serrer les boulons pour maintenir le résultat

  • Chasse au gaspi
  • Optimiser les règles fiscales, sociales et juridiques
  • Limitation nombre des fournisseurs – naissance de centrales d’achats
  • Mutualisation des ressources
  • Utilisation technologie (dématérialisation,….)
  • Externalisation de fonctions (transports, sécurité, …)

Préserver la performance commerciale

  • Se différencier par des innovations (produits, services, communication, canaux de distribution, …)
  • Ne pas négliger la qualité des produits ou services nécessaires
  • Exploiter son fichier clients
  • Sensibiliser les collaborateurs qui sont en 1 ère ligne
  • Saisir des opportunités en faisant un peu de croissance externe, propositions autres services…    Idée << aller de l’avant >>
  • Innovation, trouver de nouveaux produits,…

Spécificité de la réactivité des PME

  • Entreprises familiales réactives et flexibles
  • S’appuie sur la vision et l’ambition du dirigeant
  • Une stratégie qui n’est rien d’autre que de décider d’être acteur, de vouloir agir plutôt que de subir
  • Capte les talents humains indispensables au développement
  • Projette sa trésorerie et prend les devants avec les banques
  • Profite des opportunités de reprises d’Entreprises
  • Anticipe la transmission de la PME.

M° LEGRAND, Mandataire Judiciaire

Intervention très poussée sur la Loi de Sauvegarde des Entreprises.

Au niveau national

  • En 2009 : 71 000 Entreprises en difficultés en France
  • En 2008 : 55 000 seulement
  • (En 1 800 : 1 200)

On a retrouvé là des chiffres du type de ceux enregistrés dans les  années 1997, et 1992

Au niveau local : il indique que la situation est mieux que celle relevée au niveau national.

Au 3 ème trimestre 2010 on note :

  • un recul des entreprises en difficultés
  • l’augmentation des liquidations judiciaires
  • les secteurs les plus affectés : la construction, hôtellerie-restauration, immobilier.

2 /3 des demandes d’ouvertures de procédures sont des demandes de liquidation directe.

Ce qui, comme Mr Francis CAZABAN, lui fait dire que le maître mot est :

l’ANTICIPATION

Il explique qu’une notion clé pour différencier les procédures est celle   de la Cessation des Paiements : cessation des paiements amiables ou judiciaires.

Il parle de la procédure de Conciliation : depuis moins de 45 jours, et qui donne 4 mois pour négocier avec les créanciers.

Il développe la procédure  de mandat << ad hoc >>

La procédure de Sauvegarde

Véritable innovation phare de la Loi du 26 Juillet 2005

Inspirée de la législation américaine

Insiste sur cet avantage considérable pour l’Entreprise en difficultés de pouvoir se placer, dans ce cas, sous sauvegarde sans cessation de paiements !

Parle enfin de la procédure de Redressement judiciaire

Et termine son exposé par la procédure de Liquidation Judiciaire.

Compte rendu proposé par Philippe LABAT - SPRING COTTAGE

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